Comment identifier et traiter les cochenilles farineuses

La famille des cochenilles constitue une partie des parasites présents dans nos plantes d’intérieur. Les cochenilles farineuses et les cochenilles à carapaces sont celles que nous voyons la plupart du temps. Ce texte sera concentré sur les premières d’entres elles.

Les cochenilles farineuses sont de type piqueur-suceur et se nourrissent de la sève des plantes qu’elles infestent. La plupart du temps, elles sont immobiles et ne se déplacent pas vraiment. Elles sont assez faciles à détecter et on les voit bien à l’œil nu. Leur corps est blanc ou grisâtre et il est souvent recouvert par des filaments blancs formant une masse d’aspect cotonneux. Même si elle ne bouge pas beaucoup, la femelle peut pondre jusqu’à 1000 œufs et donc l’infestation peut devenir importante assez rapidement. Les conditions favorables à leur développement sont la chaleur, l’humidité et le manque d’aération.

Cochenille vue au microscope, Source : Jardinier Malin

Les dégâts qui nous font remarquer leur présence 

-Masse blanche d’aspect cotonneux

Comme expliqué précédemment, les cochenilles farineuses peuvent facilement être identifiées. Par contre, cela ne veut pas dire qu’elles se développeront sur une partie très visible de la plante. De plus, on les remarque souvent quand elles sont plus nombreuses et cela fait en sorte qu’il est plus difficile de les éliminer. Les cochenilles farineuses peuvent se trouver sur toutes les parties de la plante. Sur ou sous les feuilles, sur la tige, sur les racines, mais le plus souvent à l’aisselle des feuilles où il est bien plus facile de se cacher bien sûr. C’est pour cette raison, qu’il est bien d’observer souvent nos plantes pour déceler quelconque présence et agir vite.

-Feuilles collantes et/ou fumagine

Dans certains cas, les cochenilles sécrètent du miellat ce qui entraine la formation de fumagine. Le miellat est une substance très collante et la fumagine est en fait un champignon qui est d’aspect poudreux, souvent gris ou noir. Il est possible de détecter seulement un des ses deux signes, les deux ou même aucun, car en début d’infestation c’est moins présent ou visible.

 

-Plant faible, flétrissement et chute des feuilles

En faible présence, les cochenilles ne causent pas beaucoup de dégâts. Lorsque la colonie est nombreuse, elle affaiblie bien plus rapidement la plante. Son aspect général et sa santé se détériore peu à peu. Les feuilles peuvent se décolorer, flétrir et tomber prématurément. La sève, étant aspirée rapidement, fait flétrir les feuilles. Il y a aussi la fumagine qui lorsque très présente sur les feuilles, empêche la plante de bien faire sa photosynthèse. Les cochenilles peuvent aussi transmettre des maladies virales aux végétaux qu’elles attaquent ce qui peut aussi faire en sorte que la plante dépérit peu à peu.

Cochenille et miellat sur une Sansevière, Source : Pinterest

Cochenilles à l’aisselle des feuilles d’un Aeonium, Source : Needles and Leaves

Cochenilles sur Opuntia à ne pas confondre avec les aréoles d’épines, Source : Thesucculentseclectic              

Infestation importante dans un Beaucarnea, Source : Plant Doctor

                             

 

Prévention et traitements

Le premier geste à faire en prévention est d’inspecter la plante dès l’achat. Les serres de production étant chaudes et humides, cela représente le parfait environnement pour les cochenilles. C’est souvent en achetant une plante infestée qu’on apporte le problème à la maison. En arrivant chez nous, il vaut mieux éloigner notre plante des autres pendant quelques jours et de l’examiner avant de la mettre à sa place définitive. Un autre moyen préventif est d’observer souvent nos plantes à la maison. Même s’il n’y avait pas de présence à l’achat dans notre plante, il est possible que des œufs en dormance s’y trouvent et éclosent une fois rendue dans notre demeure. Le problème lorsque prit tôt en charge est toujours plus facile à régler puisque l’infestation est moins importante.

Lorsqu’on trouve des cochenilles farineuses dans notre plante, la première chose à faire est d’éloigner celle-ci de nos autres plantes. Après chaque manipulation, il est important aussi de se laver les mains et de désinfecter notre sécateur ou autres outils qu’on aura utilisés. Si certaines feuilles ou tiges sont trop infestées, il est préférable de les couper. Les cochenilles et tous les amas blancs visibles devront être éliminés avec un coton-tige imbibé d’alcool à friction. Cela peut aussi être fait avec de l’eau savonneuse, mais l’alcool demeure plus efficace et nous en avons souvent sous la main chez soi. Elle fait fondre et assèche la couche protectrice des cochenilles, ce qui en fait en sorte qu’elle est plus puissante que bien des insecticides.

Ensuite il faut traiter toutes les parties de la plante en vaporisation, car certains insectes peuvent être difficiles d’accès avec le coton-tige et des œufs peuvent être invisibles à l’œil nu. Pour se faire, plusieurs recettes existent. On peut préparer une solution de 60 ml d’alcool à friction dans un litre d’eau. Si on a du savon noir à la maison, on peut aussi ajouter une cuillère à notre mélange, sinon on peut utiliser un autre savon comme celui à vaisselle par exemple, mais ce n’est pas obligatoire. On vaporise cette solution quelques jours de suite pendant la première semaine et on surveille aussi s’il n’y a pas de nouvelles apparitions. Si c’est le cas, on les enlève à chaque fois avec un coton tige. On continue de surveiller pendant le mois qui suit et on vaporise la solution une fois par semaine pendant cette période. On traite sur une durée de quelques semaines, car il peut y avoir plusieurs générations de cochenilles puisque les œufs ne sont pas tous pondus au même moment. C’est pour cette raison, qu’on doit aussi continuer de surveiller suite à la période de traitement et de vaporiser notre solution une fois de temps en temps en prévention. C’est aussi une bonne chose à faire pour les plantes qui s’auraient trouvées à proximité d’une plante infestée. 

Comme les cochenilles peuvent aussi se trouver parfois sur les racines, il est conseillé de dépoter la plante afin de vérifier. Attention de ne pas confondre les cochenilles avec les billes de perlite ou encore les moisissures et champignons qui sont souvent présents au niveau du système racinaire. Si on en trouve, on taille les parties infestées et on rince les racines avant de rempoter dans un terreau stérile. Si la plante est fortement touchée ou que les traitements ne fonctionnent pas, il vaut mieux jeter la plante. Si les nouvelles pousses sont saines, il est aussi possible de les bouturer et de jeter le reste de la plante. Lorsqu’on dispose des parties attaquées et du terreau, on les jette au lieu de les composter pour éviter la contamination éventuelle de d’autres végétaux. 

Bien sûr, il existe plusieurs traitements différents, mais l’efficacité de cette méthode a été maintes fois prouvées. L’important c’est d’être assidus dans nos observations et nos traitements pour régler rapidement le problème ! En nettoyant fréquemment le feuillage de nos plantes, on les détecte plus rapidement en plus de peut-être déloger des œufs du même coup !

 

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